Violences relationnelles & Mineurs | 29 Septembre 2016

Soutenir les spécialistes de l’aide psychosociale

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Les professionnels de l’aide ne sont pas épargnés par les questions que suscitent certaines situations douloureuses (viols d’enfants, maltraitance, crimes odieux, etc.). Comment ajuster sa relation envers autrui et redonner sens à sa vie, à son engagement professionnel d’aide ? On le sait, outre que la souffrance et le plaisir sont des vécus subjectifs, cela requiert du temps, un questionnement sur soi et des échanges avec autrui.



Comment accompagner les intervenants psychosociaux ?


On peut relever quelques pistes susceptibles d’aider ces professionnels :


- favoriser les réactions qui évitent des modes de pensée binaires (bon, mauvais) et des relations causales linéaires (la faute d’un tel).


- former à apprécier la bonne distance qui permet d’être efficace. Si le professionnel de l’aide est trop éloigné, l’autre risque d’être perçu comme une chose ou un numéro, la relation devenant alors froide, indifférente ou cynique. S’il se montre trop proche et empathique, il peut perdre son objectivité et devenir l’objet de manipulations.

Or, une aide éducative ou sociale ne suffit pas toujours et des réactions fermes doivent imposer le respect de conditions en relation, par exemple, avec un traitement psychologique.


- recourir au médecin du travail afin que les souffrances soient connues et reconnues.


- organiser une supervision ou analyse des pratiques, positives et surtout négatives, pour accompagner les professionnels dans leur quotidien et les écouter, seuls ou en équipe.


- repérer les difficultés organisationnelles, accompagner les changements importants au travail qui doit garder un sens d’utilité et d’aide humaine.




Chaque professionnel de l’aide risque d’être confronté à l’épuisement professionnel et à la perte du sentiment d’utilité : s’il veut poursuivre avec satisfaction ce travail, il doit constamment se questionner, prendre de la distance et partager avec l’équipe ses souffrances, ses conflits d’ordre moral ou psychologique personnels.

S’il n’existe pas de parents parfaits ni de recettes miracles, il n’existe pas non plus de professionnels de l’aide et de la relation parfaits : chacun doit faire face et créer, avec l’appui des autres.



Gérard De Coninck
Docteur en criminologie


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