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Polices: moyens & Statistiques
| 4 Février 2010
Armes cinétiques de neutralisation momentanée : finalité et recommandations
Si les premières armes de neutralisation momentanée à énergie cinétique dérivaient d’armes à feu, les produits industriels de seconde génération actuellement disponibles sur le marché sont plus hétérogènes et spécifiques. Dans son étude reprise en référence, le Groupe d’étude des systèmes à létalité réduite (GESLR) de l’université de Liège constate aussi que les couleurs et les formes très particulières des armes de neutralisation momentanée de seconde génération permettent de mieux les différencier et, par conséquent, de ne plus les confondre avec des armes traditionnelles utilisant des balles réelles.
Mais comment et dans quel contexte utiliser ces armes ?
Rappelons d’emblée que les armes cinétiques occasionnent – en fonction de la vitesse d’impact et de la vitesse de déformation - deux types de blessures :
- des lésions superficielles : ecchymoses, hématomes, lacérations, etc. - des lésions plus profondes : fractures, rupture vasculaire, lésions organiques.
A cet égard, les auteurs de l’étude reprise en référence soulignent l’importance d’effectuer un bilan radiologique interne, car une personne touchée par un projectile d’impact pourrait présenter des lésions internes sans nécessairement souffrir d’une lésion superficielle pénétrante.
La finalité des armes cinétiques de neutralisation momentanée est multiple.
Ce type d’armes vise :
- à supprimer la distance entre l’utilisateur et la personne hostile en évitant des blessures graves provoquées par l’auteur à l’aide, par exemple, d’une arme blanche - à permettre l’utilisation d’une force de frappe, à distance, au moins équivalente à celle d’un coup de matraque - à offrir la possibilité de répéter les frappes - à éviter la létalité.
Outre l’avantage de pouvoir se rapprocher sans risques et leur caractère dissuasif, les armes de neutralisation à énergie cinétique permettent de créer une situation de déséquilibre favorable aux policiers, même lorsque ceux-ci sont en infériorité numérique.
Au registre des recommandations, le groupe de réflexion liégeois préconise, notamment, de considérer ces armes comme des moyens supplémentaires et non substitutifs dans la dotation des forces de l’ordre. Bien que les armes cinétiques de neutralisation momentanée posent moins de problèmes d’ordre médical que les armes électriques, les chercheurs belges estiment également que les industriels devraient se fonder sur les données actuelles de la recherche médicale pour affiner leurs spécifications techniques ainsi que les doctrines d’emploi des utilisateurs.
A condition qu’une formation sérieuse soit dispensée, le groupe de réflexion ne voit pas d’inconvénients majeurs à autoriser les polices locales et fédérale à acquérir et utiliser les armes cinétiques de neutralisation momentanée et que cette dotation soit élargie à certaines catégories de fonctionnaires ne disposant pas d’armes à feu actuellement.
Enfin, à l’instar de ce qu’il recommandait pour les armes électriques, le GESLR conseille la mise en place d’une commission de suivi.
Frédéric Moser
Source: http://www.violence.ulg.ac.be/geslr.html
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