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Violences - appropriation
| 2 Février 2010
Supporters violents : la guerre des sides et la loi football
C’est à partir des années 1960 que les violences associées au football ont changé de registre. Auparavant, elles étaient déjà présentes mais plutôt liées aux faits de jeu et le fruit de rencontres fortuites. Dans les années 1960, sous l’influence du modèle anglais diffusé en Europe continentale par la télévision et par les déplacements de supporters en marge des matches européens, des individus s’organisent et créent des groupes situés le plus souvent derrière les buts. Ils se caractérisent par des formes extrêmes de soutien à l’équipe mais aussi par le recours à une violence qui devient à cette époque préméditée. Les incidents se succèdent alors et débouchent sur une compétition parallèle au jeu qui se déroule sur le terrain.
Prise de conscience après le drame du Heysel
En Belgique, au début des années 1980, chaque club important du pays dispose de son «noyau dur», composé des supporters violents. La police doit faire face à une guerre des sides, chaque violence étant prétexte à une revanche elle-même suivie d’une contre revanche et ainsi de suite. Les événements dramatiques du Heysel en 1985, bien que n’impliquant pas du tout les supporters belges, créent un traumatisme populaire et occasionnent une prise de conscience chez de nombreux acteurs de la nécessité d’une spécificité normative. Celle-ci voit le jour dans une série de textes européens mais prendra plus de dix ans à se concrétiser en Belgique. C’est en effet l’attribution conjointe de l’organisation de l’Euro 2000 à la Belgique et aux Pays-Bas qui conduira à une réflexion en profondeur sur la sécurité autour des matches de football. La Belgique saisit alors l’occasion de la proximité d’un grand tournoi international pour se doter d’une législation nouvelle en la matière. C’est ainsi qu’apparaît la «loi football» en décembre 1998.
La loi football et ses répercussions
La loi donne au SPF Intérieur un instrument spécifique pour lutter contre les violences verbales, les provocations, les incitations à la haine, l’utilisation d’engins pyrotechniques, la pénétration dans le stade sans ticket valide, etc. Les contrevenants peuvent alors faire l’objet de sanctions administratives : une amende et/ou une interdiction de stade.
Dans un mouvement vers une coproduction de la sécurité, la loi football et ses modifications ultérieures mettent également l’accent sur la responsabilisation des clubs en tant qu’organisateurs de matches de football. Les clubs ne peuvent plus, par conséquent, échapper à certaines obligations en matière de sécurité, la plus visible consistant en l’engagement de stewards.
De l’avis de tous les observateurs, confirmé par les statistiques, c’est cette loi football et quelques réglementations complémentaires – comme l’imposition aux supporters visiteurs de voyager en car escorté par la police à l’approche du stade visité – qui ont conduit à une réduction sensible du nombre d’incidents. Les matches à haut risque actuels mobilisent beaucoup moins de policiers qu’il y a dix ou vingt ans, et l’échauffement des esprits après les rencontres aurait bien d’autres conséquences sans le travail accompli depuis dix ans. Les problèmes de sécurité des matches de football existent toujours mais les formes ont là encore évolué (1).
Bertrand Fincoeur
(1) Cet article sera complété prochainement d’autres informations plus détaillées sur le sujet. Il n’a pour objectif que d’introduire le sujet et à le contextualiser un minimum.
Source: http://www.belgium.be
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