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Mafias & Vols et prévention
| 1 Mars 2010
Une nouvelle ère de braqueurs de «classe internationale» ?
Depuis une dizaine d’années, les services de police et Interpol constatent l’apparition de bandes d’envergure internationale, perpétrant des vols avec beaucoup de professionnalisme et d’audace, selon des modus operandi différents et, le plus souvent, avec un usage mesuré de la violence. Leurs cibles : des établissements aux butins potentiellement importants, tels que les grandes bijouteries, les banques, etc., malgré le niveau de sécurité très élevé de ces objectifs…
Le cas de cette bande estonienne qui a commis plusieurs braquages de bijouterie de luxe à Paris de 2007 à 2008, ou, mieux encore, des Pink Panthers » (PP) qui écument également les bijouteries de luxe dans le monde entier, sont sans doute les plus représentatifs de cette «nouvelle génération» de braqueurs.
Bien que certains spécialistes, à l’instar d’Olivier Ribaux, professeur en analyse criminelle de l’Ecole des sciences criminelles de Lausanne, doutent qu’il s’agisse bien d’un seul réseau organisé au plan international, l’existence des Panthères roses n’est remise en doute par personne. Si les policiers ont commencé à comprendre, au début des années 2000, que les grands braquages de bijouteries commis un peu partout dans le monde pouvaient être l’œuvre d’une seule bande, il n’est pas impossible que la bande – ou, à tout le moins la première génération – ait été active dès la fin des années 1980. L’arrestation d’Alexander Vukcevic à New-York en 1995, pour des braquages commis dès 1988, puis en 1993 à Bâle, tendrait à le prouver…
Plus de 190 braquages dans au moins de 27 pays
Quant à son surnom, ce groupe de criminels très professionnels le doit aux enquêteurs de Scotland Yard qui, après un braquage à Londres en 2003, avaient retrouvé un des bijoux caché dans un pot de crème de soins appartenant à l’un des auteurs, comme dans la célèbre comédie policière La Panthère rose… Les PP seraient constitués de bandes, toutes originaires de diverses régions d’ex-Yougoslavie, de 5 à 6 personnes, chacun des membres pouvant être «interchangeable» selon les compétences recherchées et les opportunités.
Plus de 190 braquages sont attribués aux Pink Panthers, dans au moins 27 pays, pour un butin estimé à plus de 340 millions de dollars. En 2009, ce sont surtout la France et la Suisse qui ont été visées. Pour les PP, la Belgique joue un rôle de refuge (auprès des réseaux criminels existants) et de recel (Anvers).
Conscients de l’importance de leur adversaire, de leurs zones d’action illimitées et de l’ampleur de leurs opérations, les policiers ont accru le niveau de leur coopération internationale, échangeant informations, empreintes et autres traces ADN. En 2007, une Task Force – Project Pink Panthers – exclusivement chargée de les traquer de par le monde, a été mise sur pied par Interpol. Les résultats n’ont pas tardé en termes d’arrestations, sans que l’on puisse en déterminer exactement le nombre vu que des auteurs ont été arrêtés à plusieurs reprises dans des pays différents. Fin février 2010, quelque 60 personnes étaient toujours recherchées.
Dans une prochaine nouvelle, nous analyserons les caractéristiques majeures de ces groupes criminels en provenance de l’Est.
Frédéric Moser
Source: http://www.globalpost.com
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