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Polices: moyens
| 16 Juillet 2010
Progrès dans l’identification des empreintes digitales
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Police fédérale-Inforevue |
En matière d’enquêtes judiciaires, les empreintes digitales présentent un avantage incontestable : elles sont uniques et ne changent pas au cours de la vie. Ce qui en fait un outil incontournable, aux mains des enquêteurs, pour confirmer ou infirmer rapidement et efficacement l’identité d’une personne.
Des revues scientifiques ont récemment communiqué deux avancées dans l’exploitation des empreintes digitales. Nous vous les présentons tout en attirant l’attention sur le fait que pour les spécialistes belges, ces recherches méritent de l’intérêt sans cependant bénéficier d’un statut de techniques éprouvées et disponibles : elles doivent encore être scientifiquement validées d’une part, et leur fiabilité ainsi que l’application concrète dans notre pays restent à démontrer d’autre part.
La première de ces méthodes de détection d’empreintes digitales, on la doit au professeur John Bond, du Forensic Research Centre de l’université de Leicester, qui est également membre de l’unité de soutien scientifique de la police de Northamptonshire. Partant du constat que la transpiration humaine provoque une réaction chimique sur des objets métalliques, comme des douilles ou une arme par exemple, il découvre que la corrosion induite par cette transpiration formait une empreinte digitale, qui ne peut pas être retirée de l’objet – même pas par son épuration. En d’autres termes, même lorsque l’empreinte digitale elle-même a disparu, il subsiste malgré tout une empreinte (de l’ordre du micron) exploitable !
Avec ses collègues, John Bond découvre aussi que plus une personne ingurgite de la nourriture salée, plus son corps cherchera à excréter ce sel excédentaire par les pores de la peau. Seul bémol de cette méthode rendue publique au printemps 2008 : des gants ou le lavage des mains empêchent la transmission de la transpiration sur les objets et donc leur identification. Les scientifiques ont déjà été approchés par plusieurs polices américaines pour résoudre des cas où les empreintes digitales des coupables n’étaient plus présentes, mais également par les militaires américains présents en Afghanistan, qui voient dans cette technique la possibilité d’identifier les auteurs d’attentats à la bombe.
Quant à la seconde, elle fait appel à l’ADN des bactéries présentes sur nos mains. Noah Fierer, Rob Knight et leurs collègues de l’université du Colorado (USA) sont partis, eux, de l’hypothèse selon laquelle les bactéries qui s’imprègnent sur les objets que nous touchons pourraient servir à nous identifier. Sachant que notre peau constitue un véritable écosystème hébergeant des colonies de bactéries diverses, qui ne sont éliminées qu’en partie lorsque l’on se lave les mains, et que les variations de la flore bactérienne entre individus sont plus importantes que ses variations chez un même individu au cours du temps, les chercheurs ont utilisé le pyroséquençage, une technique rapide de séquençage des ARN bactériens. Résultats de leurs expériences multiples : les flores bactériennes, qui survivent jusqu’à 14 jours (à température ambiante) sur les objets touchés, permettent bien d’identifier leur «propriétaire»…
Prometteuse, cette technique est pour l’instant toujours en phase expérimentale, mais elle pourrait à terme constituer une alternative lorsque les empreintes digitales manqueront ou ne seront pas lisibles, comme sur des surfaces boueuses par exemple. L’empreinte bactérienne pourrait encore être utilisée pour identifier des objets touchés par des jumeaux, dont l’ADN sera identique, mais dont les flores bactériennes présentes sur leurs mains seront différentes….
Frédéric Moser
Source: http://www.pourlascience.fr
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