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Mineurs & Sectes
| 27 Juillet 2010
Les mineurs et les dérives sectaires
Quelle est l’influence des mouvements sectaires sur la santé physique et mentale des mineurs, particulièrement vulnérables et exposés aux abus des adultes ? Le rapport français de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) attire l’attention des responsables, des éducateurs et parents sur le courant «New Age» apparaissant comme une contestation de la vie occidentale moderne et prônant la libération de l’individu.
Le courant "New Age" et ses dérives
Ce mouvement insiste sur des thèmes liés à la philosophie, l’astrologie et à l’épanouissement personnel susceptibles d’attirer des jeunes idéalistes et déçus : bien-être du corps et de l’esprit, régime alimentaire, vision globale de l’être humain ... tout en prenant ses distances envers la médecine traditionnelle car la plupart des maux «physiques» dont nous souffrons ne seraient que la manifestation d’autres troubles, souvent de nature psychologique, et nécessiteraient donc un traitement global, justifiant le recours fréquent à certaines pratiques telles que la kinésiologie.
En outre, la philosophie du Nouvel Age place l’enfant au centre du monde car il devra y jouer un rôle déterminant. Aujourd’hui, on parle d’ «enfants étoiles, nouveaux enfants, enfants web, enfants indigo, etc.» pour désigner une génération «spéciale» supposée être née après 1992, dotées de pouvoirs uniques au plan physique et psychique, incarnations divines appelées à changer le monde. Ces différences présumées («messies», «élus») font de ces enfants une cible de choix en matière de dérives sectaires : parce qu’incompris, ils doivent bénéficier de traitements exceptionnels que certains thérapeutes vont exploiter pour imposer à la famille leurs choix de l’école et des thérapies spéciales. C’est le cas des écoles Steiner dont la pédagogie se veut avant tout curative et s’adresse volontiers aux enfants qui rencontrent des difficultés scolaires. Le risque principal pour l’enfant demeure la déscolarisation sans alternative éducative sérieuse. Les tentatives de prosélytisme de la part d’un professeur représentent un danger pour des enfants perméables aux idées originales et des jeunes qui aiment prendre des risques, moins sensibles à la notion de maladie et de mort.
Pour les parents, l’éducation entraîne le droit de transmettre ses valeurs et d’éduquer conformément à ses propres convictions et croyances. Il est difficile d’évaluer ces choix et les risques pour l’enfant, mais un juge doit pouvoir dire si telle situation comporte un danger pour la santé physique et psychologique de l’enfant, rappeler l’intérêt de l’enfant et prendre en compte son développement physique, affectif, intellectuel et social.
Les personnels éducatifs, relais dans la prévention des risques sectaires
Les rapporteurs estiment nécessaire de sensibiliser et former tous les acteurs de la protection de l’enfant en matière de dérives sectaires. Tous les intervenants auprès des jeunes doivent pouvoir relever des indices de risque pour l’enfant ou l’adolescent et les communiquer aux autorités compétentes pour évaluation voire signalement : absentéisme et déscolarisation, l’état de santé du mineur, le comportement de l’élève à certains cours.
L’enseignant joue un rôle de prévention en éveillant à l’ouverture d’esprit, à l’autonomie et à la solidarité sociale alors que le repli sur soi et la méfiance participent souvent de l’emprise sectaire. Une formation continue des enseignants à propos des mouvements et contexte sectaires s’avère pour cela primordiale, car les pratiques et mouvements sectaires évoluent très rapidement.
Il faut souligner que la Miviludes annonce pour cette année un Guide pratique de la protection de l’enfance face aux dérives sectaires et souhaite une réflexion approfondie sur ce thème au sein des instances européennes en vue d’une action plus efficace.
Gérard De Coninck
Source: http://www.miviludes.gouv.fr/
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