Sécurité au féminin : face à un agresseur dans un espace public

Perçues par les agresseurs comme physiquement plus faibles et donc des cibles faciles, les femmes peuvent réfléchir aux situations potentiellement dangereuses afin d'adapter leur comportement et acquérir les bons réflexes.


La meilleure défense est de prévenir la violence : agir avant l'agression, pouvoir calmer un interlocuteur qui s'énerve, s’enfuir ou parvenir à le déstabiliser verbalement. Plusieurs situations sont possibles, nous les résumons ici.


La fuite lorsque c'est possible

Si elle est possible, la fuite reste la meilleure manière de ne pas recevoir des coups. Elle n’est efficace que dans le cas où l’on se situe à proximité d’un espace sécurisé : un commerce, un restaurant, …
C’est clairement la stratégie à adopter en cas d’agression pathologique, c’est-à-dire si l’agresseur est sous l’emprise de la drogue, de l’alcool, d’un problème physiologique ou mental. Dans ce cas-là, essayer de le calmer ou tenter de le raisonner, lui exprimer ses limites ou toute autre forme de discussion est inutile. Il faut à tout prix s’éloigner de la personne, écarter les objets qui pourraient devenir dangereux et quitter les lieux si possible. Il s’agit néanmoins d’une part minime des agressions.


Déstabiliser l'agresseur

Provoquer un effet de surprise chez l’agresseur en réagissant d’une manière imprévisible permet parfois de le distraire et de gagner ainsi un peu de temps pour s’enfuir.
Faire quelque chose d’illogique peut perturber l’agresseur au point de lui faire abandonner l’agression. Par exemple, sortir une citation ou un slogan publicitaire qui va le désarçonner et le faire réfléchir pour essayer de lui trouver un sens avec la situation.


La désescalade verbale

Dans certains cas, l’agression peut être désamorcée en amont. C’est le cas par exemple d’une personne qui explose et devient violente sous l’effet de frustrations accumulées. Si elle n’est pas canalisée, cette violence destructrice peut dégénérer en agression.
Ce type d’agresseur s’identifie facilement : sa violence est spontanée, l’intensité de sa réaction est démesurée parce qu’il s’agit de la goutte qui fait déborder le vase. Il exprime de vraies émotions, son visage est souvent rouge de colère et il est possible qu’il se sente honteux de son comportement après coup.

Dans ce cas, le mieux est de rester calme. De ne pas ignorer l’agresseur, mais l’écouter de manière empathique. Lui donner raison sur certains faits, ne pas le contredire, ne pas l’interrompre, lui montrer qu’il est entendu et compris. Lui répondre avec des phrases telles que « Vous avez raison, c’est une situation très embêtante ». Le fait de se sentir entendu permet parfois de désamorcer la colère avant qu’elle n’éclate en violence physique.


Se défendre avec hargne

En cas d’agression physique, si la fuite n’est pas possible, réagir avec conviction en criant et en se débattant, se mettre en colère peut, dans une majorité de cas, suffire à faire fuir l’agresseur. Selon les statistiques, se défendre de toutes ses forces réduit nettement les risques d’aboutissement de tentatives de viol. Essayer de garder une distance physique d’au moins une longueur de bras. Si c’est possible, interposer un objet entre soi et l’agresseur (une table, une chaise, d’autres gens, …), ne pas quitter l’agresseur des yeux pour pouvoir se défendre physiquement si besoin.


Faire scandale et chercher de l’aide

Attirer l’attention des personnes présentes suffit parfois à décourager l’agresseur. Dans le but d’attirer l’attention, crier « Au feu » se révèle plus efficace que crier « au secours ».

En règle générale, s‘adresser à une personne a plus d’effet que de s’adresser indistinctement à un groupe. Il ne faut donc pas hésiter à désigner une personne précise pour lui demander de l’aide, par exemple pour qu’elle appelle les secours, qu’elle parle à l’agresseur pour le calmer ou qu’elle accompagne la victime en lieu sûr.

En cas d’appel vers un numéro d’urgence (de préférence pré-encodé dans son téléphone), il vaut mieux rester en ligne même si on tombe sur un message d’attente. Ensuite, donner en premier lieu l’adresse de l’agression, ainsi qu’une description de l’agresseur.


Ne pas hésiter à réagir

Eviter de réagir est rarement une stratégie efficace. Les études montrent en effet qu’il est toujours utile de poser clairement et immédiatement ses limites face à tout ce qui est désagréable et évitable, soit par la parole, soit par le geste (enlever une main importune par exemple). Ce type de réaction peut prévenir les agressions physiques en dissuadant une personne qui ne serait pas tout à fait décidée à agresser, lorsqu’il n’y a pas de danger physique immédiat. L’agresseur sait alors ce qu’il fait, il agit intentionnellement et espère influencer les émotions de la victime. Il s’agit par exemple de la manipulation, du harcèlement ou du chantage.

Si nous manquons de pratique de la défense verbale, il est conseillé de s’entraîner auparavant. S’entraîner à être impolie, à crier, à ne pas imaginer ce qui pourrait arriver, à ne pas chercher d’excuses, à donner la priorité à nous-même. Soit en situation fictive, soit en réagissant dans les situations quotidiennes aux premiers signes de transgression de nos limites. S’entraîner permet également de développer la confiance en soi.



Michèle ORBAN
,
 
Consultante et formatrice en veille informationnelle


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