Faire la fête : comment prévenir la soumission chimique

Faire la fête sans qu’elle ne tourne à la catastrophe. Comment prévenir les risques d’agression par soumission chimique ? Comment s’en protéger ? Comment éviter qu’un tiers n’en soit victime ?

En dehors de toutes restrictions sanitaires, à chaque période de l’année correspondent des occasions multiples de faire la fête. Le besoin de pouvoir s’amuser en toute insouciance est bien présent chez les jeunes, ce qui augmente le risque pour certain(e)s d’être confronté(e)s à des situations à risques.

Cet article vous propose quelques conseils pour repérer et éviter d’être victime d’une agression sous soumission chimique.


Les situations à risques

Les agresseurs commettent généralement leurs méfaits dans les lieux festifs collectifs : débits de boisson, discothèques, « rave party », soirées privées, concerts, festivals et leurs campings, etc.
Plus rarement, les faits sont commis par une connaissance, un voisin, un collègue au domicile de la victime. Ils peuvent l’être à celui de l’agresseur lors d’un premier rendez-vous galant avec sa victime, notamment après un début de relation virtuelle.
Les femmes et hommes d’affaires fréquentant les bars de leur hôtel lors d’un séjour à l’étranger, peuvent également être les proies d’escrocs qui vont les droguer avant de les détrousser.


Pour éviter d'être victime

Voici quelques mesures de prudence pour prévenir les risques d’une agression par soumission chimique :

  • Sortez en groupe. Une personne seule est une proie facile pour un prédateur.
  • Méfiez-vous des inconnus, même s’ils vous font bonne impression par leur âge, leur milieu socio-culturel proches du vôtre ou sont « beaux parleurs ». Restez vigilant(e) lors des premiers rendez-vous.
  • N’acceptez une consommation que d’une personne de confiance et prudente ou si elle vous est directement servie par le personnel du bar (n’hésitez pas à en surveiller la préparation) ou est scellée par une capsule. Une personne mal intentionnée verse généralement la drogue entre le bar et sa proie.
  • Gardez toujours votre verre sous surveillance ou protégé d’un capuchon hermétique, couvre-gobelet (appelé aussi « cup condom », disponible sur internet). Si vous l’avez laissé pour aller danser, vous rendre aux toilettes, … ne le reprenez pas.
  • Si vous avez vu quelqu’un toucher à votre verre ou encore si votre boisson a un goût inhabituel, une apparence brumeuse, ou si elle mousse anormalement, ou change de couleur ou si les glaçons coulent, ne la buvez pas.
    Pour rappel, le GHB est légèrement salé et le GBL a un goût chimique qui peut légèrement altérer votre boisson.
  • Fiez-vous à votre intuition. Si vous ne vous sentez pas à l’aise, quittez l’endroit ou demandez assistance.
  • Vérifiez si votre boisson contient des substances psychoactives telles que le GHB/GBL, le Rohypnol ou la kétamine, à l'aide de détecteurs comme le vernis à ongles « Undercover Colors, » la paille anti-GHB, le dessous de verre, le jeton SipChip, etc…, qui ont la particularité de changer de couleur en contact avec ces drogues. Ces moyens sont disponibles sur internet.


Restez vigilant malgré tout

Il est important de rester vigilant, même si vous appliquez tous ces conseils. Ceux-ci ne peuvent en effet pas vous protéger de toutes les situations à risques, notamment :

  • Lorsque le prédateur fait partie du personnel, ou est une connaissance voire un ami habitué du lieu festif et dont vous n'auriez pas l'idée de vous méfier.
  • Si une substance psychoactive versée dans votre boisson n’est pas décelable par les détecteurs actuellement disponibles cités plus haut.
  • Le produit psychoactif peut également être versé dans votre nourriture plutôt que dans votre boisson.


Pour éviter qu’un tiers ne soit victime

Si vous sortez à plusieurs, globalement restez en groupe pour prendre soin les uns des autres. Que pouvez-vous faire d’autre ?

  • Désignez une personne « Bob » qui s’engage à rester sobre, à conserver sa vigilance, à rester présente et à venir en aide en cas de besoin. Cette personne doit s’engager à vous ramener en toute sécurité en fin de soirée et à ne jamais quitter les lieux sans vous.
  • Désignez un binôme de soirée dont vous porterez le numéro de téléphone de manière visible, en pendentif, sur un bracelet ou dans un bandana (mesure du festival des Ardentes à Liège) et qui pourra de la sorte être contacté en cas de problème.
  • Gardez un œil sur vos ami(e)s et tout changement de comportement.
    Si une personne paraît ivre, en particulier si elle a consommé peu d’alcool, si elle titube, si elle vomit, si sa manière de parler se fait hésitante ou incohérente, si elle est désinhibée ou se comporte de manière inhabituelle, agissez même si elle prétend que tout va bien et qu’il faut la laisser tranquille. Ces signes peuvent en effet précéder des états plus graves pour sa santé, comme un G-hole.
    Restez auprès d’elle pour éviter tout risque de chute ou d’agression, raccompagnez-la à son domicile, appelez un de ses proches.
    Ne laissez pas un inconnu la raccompagner. Le cas échéant, interposez-vous, et prévenez le service de sécurité ou le responsable du lieu.
    Appelez le 112, si nécessaire. 
  • Faites attention à toute manipulation de verre, à ne pas laisser des verres sans surveillance.
  • Signalez :
    • Tout comportement suspect dans des endroits plus isolés comme les toilettes, …
    • La circulation/manipulation de fioles, seringues, poudre, cuillères, …
    • Le fait que des clients semblent suivre ou « accompagner » des personnes « ivres », …
  • Refusez l’accès aux inconnu(e)s dans les soirées privées.


Article précédent : Les drogues du viol, de quoi parle-t-on ?


Evelyne JOSSE
Psychologue, psychothérapeute

Article adapté par Thierry DEROUA


Pour aller plus loin :
http://www.resilience-psy.com – Site de l’auteur
https://www.chuliege.be/books/le-patient/65/2/ - Le Patient – Juin 2022 – « Les Ardentes lancent le plan SYNKA : Le consentement est notre priorité ! »