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Le nouveau plan d’urgence nucléaire comprend des directives organisationnelles flexibles pour répondre à la fois aux situations d’urgence restreintes et aux situations d’urgence de grande ampleur. Dans le prolongement de ce plan, des préparations supplémentaires doivent être établies, notamment au niveau local. 





Chaque Bourgmestre concerné par une zone de planification d’urgence pourra donc établir un plan particulier, prévoyant les mesures et données nécessaires à la gestion stratégique et opérationnelle d’un incident nucléaire.

 


Des mesures de protection à la collecte de données 


Le contenu des plans particuliers d’urgence et d’intervention communaux spécifiques au risque nucléaire est conditionné par le type des actions de protection pouvant être prises dans le cas d’une urgence impliquant des matières radioactives.


Ainsi, la mise en œuvre des actions de protection de la chaine alimentaire exigera de collecter les données de l’ensemble des agriculteurs et éleveurs présents dans la commune, afin de pouvoir les contacter rapidement pour la mise à l’abri du bétail par exemple.


De la même manière, en cas d’évacuation, il sera nécessaire d’avoir à disposition :

  • Les données de tous les transporteurs pouvant être rappelés,
  • Les itinéraires à emprunter,
  • Un point de rassemblement facilement identifiable,
  • La destination (centre d’accueil).


Enfin, concernant la prise de comprimés d’iode stable, un recensement de l’ensemble des pharmacies pourra être utile en cas de distribution au moment même de l’incident.

 


Découpe en blocs et gestion des données


La mise en œuvre des mesures décidées au niveau fédéral se fait selon une découpe du territoire en unités appelées «blocs», qui ne correspond pas nécessairement aux limites communales. En effet, chaque commune peut comporter plusieurs blocs en son sein. De même, un bloc peut s’étendre sur le territoire de plusieurs communes.

La détermination de ces blocs se fait en fonction de points de repère faciles à identifier par tout un chacun. Les lignes directrices concernant la détermination des blocs ont été établies en concertation avec l’AFCN (Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire).


Les données recensées dans chaque plan communal nucléaire peuvent être regroupées en fonction des blocs concernés. De cette manière, lorsqu’une action de protection sera décidée pour un bloc, il sera aisé d’identifier les personnes ressources à contacter pour sa mise en œuvre.

 


Identification des éléments sensibles


Lors d’un incident nucléaire, à l’intérieur de chaque bloc, il est indispensable d’identifier à l’avance les structures à risques ou sensibles, qui nécessiteront une mise en œuvre particulière s’agissant des actions de protection. Il en va ainsi notamment des hôpitaux, des crèches, des écoles ou encore des prisons. Dans ce cadre, ces structures devront se doter d’un plan interne d’urgence prévoyant les procédures à mettre en place en cas d’incident nucléaire.


Les PPUI communaux concernant le risque nucléaire devront tenir compte de ces structures et des besoins particuliers les concernant, afin de préparer leur éventuelle mise à l’abri ou évacuation.

La coordination entre le plan communal et les plans internes des différentes collectivités sera vérifiée au niveau de chaque cellule de sécurité communale.

 


Alerte de la population et communication de crise 


En cas d’incident nucléaire, l’alerte de la population de manière rapide, intégrale et univoque est impérative. C’est pourquoi une stratégie de communication de crise a été établie au niveau fédéral, afin de s’assurer que l’ensemble des niveaux de gestion de crise (fédéral, provincial, communal, centrales) communique de manière harmonisée.

De plus, chaque niveau doit avoir un rôle déterminé dans la communication à la population afin de répartir au mieux les tâches et d’assurer une complémentarité maximale entre les communicateurs.


Lors de la gestion d’un incident nucléaire, il est impératif que chaque niveau de gestion se concerte étroitement avec les autres niveaux, afin de s’assurer que la communication reste homogène. Les PPUI communaux des Bourgmestres devront dans ce cadre prévoir un contact constant entre le D5 communal (communicateur) et les niveaux supérieurs. L’utilisation de la plateforme de gestion de crise fédérale pourra dans ce cadre être un outil précieux, permettant le partage des documents utiles (notamment des Q&A, Communiqués de presse, etc.).

In fine, la coordination globale de la communication de crise sera assurée par la cellule d’information établie au niveau fédéral.

 


Centre(s) d’accueil et d’enregistrement, itinéraires et moyens de transport


En cas d’évacuation de la population, les personnes évacuées se rendront dans des centres d’accueil et d’enregistrement. Dans ce cadre, il est nécessaire de prévoir dans le PPUI communal les lieux pouvant servir à cet effet pour la population d’autres communes évacuées. Ces centres permettent à toute personne ayant quitté son domicile (ou tout autre lieu) de signaler son évacuation et de recevoir des informations vis-à-vis du risque sanitaire.


Les modalités concernant l’accueil et l’enregistrement des personnes évacuées doivent être décrites dans les plans provinciaux et communaux d’urgence et d’intervention, elles comprennent :

  • La localisation et la capacité d’accueil des centres d’accueil ;

  • Un plan de contrôle de la circulation pour l’accès aux centres d’accueil et la gestion de la circulation au niveau de ces centres ;

  • L’organisation de l’enregistrement des personnes évacuées ;

  • L’organisation du ravitaillement, de l’aide psycho-sociale et des soins médicaux.


Chaque PPUI communal doit en outre identifier les itinéraires d’évacuation, points de regroupement et moyens de transport qui pourront être utilisés en cas d’évacuation de la commune suite à un incident nucléaire.

 


Cartes 


Un dernier élément indispensable dans les PPUI communaux est la cartographie. En effet, une cartographie précise de la commune, identifiant les blocs concernés, ainsi que l’ensemble des infrastructures citées ci-dessus, est indispensable à la gestion d’un incident nucléaire. De ce fait, des cartes à l’échelle de la commune doivent être élaborées et tenues à jour, permettant aux intervenants le cas échéant de rapidement identifier les points sensibles.




Articles précédents :

Le nouveau Plan d’urgence nucléaire et radiologique pour le territoire belge


Incident nucléaire : les plans d’urgence à charge des autorités locales et collectivités




Mafalda RENDAS BELO

Master en Gestion juridique des risques et développement durable

Service de planification d’urgence, Gouverneur de la province de Liège




Sources :


Risque Nucléaire. Habitez-vous dans une zone de planification d’urgence ? Que faire en cas d'accident nucléaire ?

AR 01/03/2018 - Plan d’urgence nucléaire et radiologique pour le territoire belge