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Rechercher des traces d’activités humaines anciennes dans les rivières est un hobby de plus en plus prisé. Cette pratique de pêche dite "pêche à l’aimant" en vue de découvrir des objets oubliés sous l’eau est néanmoins règlementée.





La pêche à l’aimant, une pratique croissante


La pêche à l’aimant attire de plus en plus d’adeptes. Parmi ceux-ci, on distingue essentiellement deux catégories : les aficionados d’histoire militaire en quête de vestiges des deux Guerres Mondiales, et les écologistes qui se proposent de participer à la dépollution des fonds aquatiques.

La pratique est intuitive : équipés d’un aimant puissant de type néodyme, les pêcheurs scrutent la surface de l’eau et y plongent leur matériel afin de capter les objets ferromagnétiques. Les prises peuvent atteindre plusieurs centaines de kilos.



Des règles d’accès à la pratique ?


Si vous souhaitez vous initier à ce passe-temps en toute sécurité, il est primordial de vous informer sur le cadre légal ainsi que sur les dangers physiques potentiels. Notez que le non-respect de la réglementation peut exposer à une amende pouvant aller jusqu’à 50.000 euros, voire à une peine de prison.

La législation en vigueur relève de la compétence régionale. En Wallonie, la pêche à l’aimant est interdite sur les voies hydrauliques du domaine public[1]. L’utilisation d’aimant se fera donc uniquement dans deux types de domaines aquatiques :

  • les cours d’eau non navigables;

  • les lacs, étangs et barrages dans le domaine privé. Dans ces eaux privées, on ne peut évidemment pratiquer la pêche qu’avec l’accord du propriétaire et, le cas échéant, celui de l’exploitant.

 


Une activité en lien avec l’archéologie


La pêche à l’aimant est considérée comme une activité de prospection. En termes archéologiques, la prospection vise à identifier les lieux qui ont connu à un moment donné une occupation humaine.

À ce titre, les pêcheurs à l’aimant, à l’instar des détectoristes (néologisme désignant les utilisateurs de détecteurs à métaux), sont tenus de formuler une demande d’autorisation annuelle auprès de l’AWaP, l’Agence wallonne du Patrimoine. Ils doivent en outre signaler leur prospection à l’AWaP via un formulaire en ligne au plus tard trois jours ouvrables avant l’activité.

Dans le cas d’une découverte d’intérêt archéologique[2], le découvreur doit avertir l’administration du patrimoine dans les 15 jours. Interdiction formelle de modifier l’objet, de le vendre ou de le sortir du territoire wallon !

Pensez à vous munir d’un système GPS pour vos sessions de pêche. En cas de trouvaille, il vous permettra d’identifier les coordonnées géographiques obligatoires dans votre rapport à l’AWaP.



Découverte d’explosifs de guerre


Parmi les découvertes remarquables, une catégorie de vestiges nécessite un traitement excessivement précautionneux : les bombes, obus, grenades et autres explosifs remontant en particulier à la Première Guerre.

Ces engins sont potentiellement toujours actifs et deviennent dangereux une fois remontés à la surface et mis en contact avec l’air. L’actualité récente informe ainsi de cas de brûlures graves liées à la pêche de bombes au phosphore ou au gaz moutarde.

Si vous remontez à la surface un tel objet, évitez à tout prix de le manipuler, tenez-vous éloigné et composez le 101 afin de solliciter l’intervention d’une équipe de démineurs.


De manière plus générale, si vous trouvez tout autre type d’arme –fusil de chasse, pistolet etc.- ou de munition, avertissez la police qui la prendra en charge directement sur le lieu de découverte. Il vous est en effet interdit de la déplacer vous-même.


Pour clore, notez que vous pouvez retrouver les contacts et informations utiles à la pratique de la pêche à l’aimant sur le site web de l’AWaP, en particulier dans le guide du prospecteur disponible en ligne (voir référence).



Annabelle OLIVA
Diplômée en Histoire de l’art et archéologie
Retrace.Agency


[1] cf. décret du 19 mars 2009 relatif à la conservation du domaine public régional routier et des voies hydrauliques.

[2] Est un bien archéologique tout « vestige matériel, y compris paléontologique, ou sa trace située sous ou au-dessus du sol, sous les eaux, envisagé comme un témoignage de l’activité de l’homme ou de son environnement, d’époques ou de civilisations révolues, indépendamment de sa valeur artistique » (Code du patrimoine wallon, art. 3, 3°).


Source :

https://agencewallonnedupatrimoine.be/wp-content/uploads/2020/06/guide-bonnes-pratiques.pdf